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Quelques textes pour avancer dans la réflexion théologique.

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Conte du jour, 76

La fille du chef

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Conte du jour, 76

 

Au commencement du monde, tous les humains vivaient dans le même village. Ils habitaient ensemble et Dieu leur Créateur habitait tout près d’eux. En ce temps-là, le ciel et la terre n’étaient pas comme nous les voyons aujourd’hui. En ce temps-là, le ciel de Dieu était très proche de la terre, tellement proche que les humains pouvaient le toucher en étendant la main. Et ils ne faisaient pas que le toucher : le Créateur le leur avait donné pour nourriture. Tous les jours, ils en coupaient des tranches et les mangeaient. Ils ne savaient pas ce qu’était la peine du travail, et l’idée de gagner sa croûte n’avait aucun sens pour eux : ils se levaient le matin et trouvaient les larges franges du ciel caressant les toits de leurs maisons. C’était simplement paradisiaque. Mais… ils vivaient courbés. Le ciel, ce ciel nourricier de Dieu, était trop proche, si proche qu’il empêchait les humains de se tenir debout.

 

       Alors un jour, la fille d’un chef – les enfants des chefs étaient comme cela, paraît-il – la fille d’un chef prend une décision :

- J’en ai assez de manger des morceaux de ciel ! Désormais, je pilerai mon mil et je me ferai de délicieux petits plats !

       Elle se fabrique un mortier, un pilon, s’installe devant sa case et se met à piler son mil. Mais chaque fois qu’elle lance le pilon vers le haut, il s’empêtre dans les pans du ciel et gêne son travail. Elle lève la tête et dit :

- S’il te plaît, Dieu, éloigne-toi un peu que je puisse piler mon mil.

       Et Dieu s’éloigne un petit peu de la terre. La fille du chef se remet à piler, mais son pilon se prend toujours dans les pans du ciel.

-  Bon Dieu, tu vois bien que je n’ai pas assez de place pour faire mon travail…

       Et Dieu s’éloigne un peu plus de la terre. La fille du chef est contente de pouvoir se redresser et se met à lancer son pilon de plus en plus haut vers le ciel. Si bien qu’il s’y empêtre à nouveau. Elle s’adresse une troisième fois à Dieu :

- Va plus loin, bon Dieu, que je puisse enfin travailler à l’aise !

       Et Dieu se retira, cette fois très loin dans le ciel, là où on ne put plus jamais le voir, ni lui parler facilement.

Depuis ce temps, les hommes se tiennent debout. Mais ils doivent travailler dur, puisqu’ils n’ont plus les pans du ciel pour les nourrir. Et ils se font trop souvent la guerre...

 

 

Récit des origines connu au Cameroun et au Gabon.

 

 

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